Quel investissement pour quel investisseur

(MoneyGuide.fr) - Il est indispensable de sélectionner les investissements en fonction des paramètres objectifs et subjectifs propres à l’investisseur plutôt que d’adapter le design financier à tel ou tel produit de placement, même si celui-ci apparaît particulièrement prometteur.

Le design financier, c’est avant tout la répartition des actifs d’un patrimoine en fonction du temps, croisée avec le choix des réceptacles où seront logées les différentes catégories de placements.

D’une manière générale, on peut distinguer :

• Les actifs court terme : ce sont essentiellement les actifs monétaires sans risque qui ont pour rôle de faire face aux sorties de trésorerie à brève échéance (dépenses diverses, règlement d’impôts…) et aux paiements non prévus. En ce sens, il s’agit d’une trésorerie de précaution que chaque patrimoine devrait comporter. Sa taille est fonction, d’une part, de celle du patrimoine et, d’autre part, du style de vie de la famille concernée. Sa vertu principale est sa grande disponibilité à moindre coût ; ses défauts majeurs : sa faible rentabilité et, le plus souvent, à un degré moindre, une certaine vulnérabilité fiscale.

• Les actifs financiers moyen terme : ils ont pour caractéristiques essentielles de ne pas présenter de risques appréciables sur la période retenue – entre 2 et 12 à 15 ans en règle générale –, et d’offrir une rentabilité correcte. Ils sont essentiellement constitués des produits obligataires portant de bonnes signatures, des fonds généraux des grandes compagnies d’assurances, des fonds d’investissement relevant de la gestion dite alternative et/ou quantitative. Ils sont destinés à assurer à leur détenteur des revenus sur lesquels celui-ci compte comme complément de retraite ou tout simplement pour faire face à une série de besoins déterminés, toujours sur la période considérée.

• Les actifs financiers long terme, qui sont essentiellement constitués des actions cotées, des investissements en actions non cotées (private equity), et des nombreux fonds communs de placement à base d’actions. Ils sont risqués en ce que leur valeur peut varier de façon importante sur courte ou moyenne période. Il n’est que d’observer les fluctuations boursières au cours de la dernière décennie pour en être convaincu. Toutefois, en contrepartie de ce risque de baisse, on reconnaît à ce type d’investissement une rentabilité supérieure à celle des types de placements précédents pour autant qu’elle s’exprime sur longue ou même très longue période et qu’elle ne soit pas l’objet des risques parasites qui sont recensés ci-après. Ainsi, malgré leur risque, les actifs financiers long terme ont vocation à figurer dans un grand nombre de patrimoines, et en d’autant plus grande quantité que le patrimoine considéré est plus important et que son propriétaire ne « compte pas dessus » à moyen et encore moins à court terme.

 À l’aide de cette « grille de lecture », il devient plus aisé de guider la répartition d’un patrimoine financier donné en fonction, encore une fois, des paramètres personnels parmi lesquels on peut citer :

• l’âge de l’intéressé et de son conjoint,

• son anticipation de date de prise de retraite,

• son estimation de retraite, • ses objectifs de dépenses,

• la taille de son patrimoine,

• son style de vie,

 • ses souhaits en matière de transmission,

• son degré d’aversion pour le risque,

• la couverture du risque mis en place (assurance vie par exemple)

Rentrer les investissements immobiliers dans cette analyse ne présente pas de difficultés majeures.

Pour ce qui est de l’immobilier de rapport, on peut tout à fait considérer qu’il s’agit d’un placement dont le terme, au sens utilisé plus haut, sera d’autant plus lointain que le marché immobilier en cause sera plus fluctuant. À un investissement à Paris sera ainsi attachée une durée de détention plus longue qu’à un investissement en province.

S’agissant d’immobilier de jouissance, l’investissement correspondant devra être soustrait de la partie du patrimoine destinée à procurer des revenus tout en conservant sa nature d’actif susceptible d’être réalisé en cas de besoin, à un prix dépendant, bien sûr, du marché et de ses fluctuations.