Idées reçues sur l'assurance-vie
- Assurance Vie - Mis à jour le mardi 7 septembre 2010
- Tags : contrat assurance vie, fiscalité, succession
(MoneyGuide.fr) - D’apparence simple, l’assurance-vie est en réalité un placement très sophistiqué qui entraîne parfois des confusions. Voici six exemples d’idées reçues qui vous aideront à mieux connaître ce produit.
1. L’assurance-vie n’est intéressante qu’en cas de décès : Faux
Beaucoup de gens confondent assurance-vie et assurance décès.
L’assurance-vie est un placement qui permet de faire fructifier ses économies et d’en profiter de son vivant.
L’assurance décès, elle, ne répond qu’à un seul besoin de prévoyance. Pour le paiement d’une prime modique, l’assureur versera un capital important en cas de décès du souscripteur aux bénéficiaires désignés. Cependant l’argent est investi à fonds perdus.
La confusion vient en partie du fait que l’assurance vie permet, en plus, detransmettre un capital en cas de décès, mais ce n’est pas son seul objectif.
2. L’argent doit rester bloqué huit ans : Ce n’est pas exact
Il est possible de faire des retraits à tout moment. Cette méprise naît du fait, que les gains sont taxés dégressivement en cas de retrait pendant les huit premières années.
Un retrait total ou partiel d’argent effectué pendant les quatre premières années est soumis à un prélèvement libératoire de 35% du montant des intérêts et plus values. Si le rachat est effectué entre quatre et huit ans après le premier versement, le prélèvement libératoire tombe à 15%.
Pour les retraits après huit ans, le prélèvement n’est plus que de 7,5% au delà d’un abattement de 4 600 euros, s’y ajoutent les prélèvements sociaux.
Un retrait devient donc plus intéressant après huit ans, mais l’argent n’est jamais réellement bloqué. S’ajoutent dans tous les cas à ces impôts les prélèvements sociaux. Mais si c’est favorable pour vous, dans tous les cas optez pour intégrer les gains de vos contrats à vos revenus imposables si votre taux marginal est plus attractif. Signalez-le à votre assureur.
3. On ne peut avoir qu’un seul contrat : Faux
Contrairement à certains placements réglementés comme le Livret A ou le PEA,vous pouvez souscrire autant de contrats d’assurance-vie que vous voulez auprès de plusieurs compagnies. Cela vous permet de diversifier vos investissements entre des compagnies qui peuvent avoir des résultats financiers variables. Mais vous pouvez aussi nommer des bénéficiaires différents. Avoir plusieurs contrats facilite donc l’élaboration d’une vraie stratégie de diversification et de transmission de son patrimoine.
4. On peut changer de bénéficiaire : Vrai sauf cas particuliers
En cours de contrat le souscripteur peut changer le bénéficiaire initialement désigné. Il peut effectuer ce changement au moment de son choix et le nombre de fois qu’il le souhaite. Cette modification de bénéficiaire peut s’effectuer soit par courrier à l’assureur soit par testament. Il y a cependant une exception à cette règle lorsque le contrat est « accepté » par le ou les bénéficiaires avec l’accord de l’assuré. Ce qui doit être signifié par lettre recommandée avec AR à l’assureur. Depuis le 18 décembre 2007 les clauses d’acceptation antérieures à cette date n’empêchent plus des retraits mais on ne peut pas changer de bénéficiaire sans le consentement de celui-ci. Sachez par ailleurs que le titulaire d’un contrat vie qui co-signe aujourd’hui l’acceptation d’un ou plusieurs bénéficiaires désignés ne peut plus changer ni retirer d’argent sans leur accord.
5. C’est un placement sans risque : Vrai sauf dans certains cas
Cette caractéristique reste vraie pour les contrats dits «monosupport» en euros et pour les fonds sécuritaires en euros d’un multisupport garanti par l’actif général des compagnies d’assurances. Ce n’est pas le cas pour les fonds versés sur des contrats multisupports aux possibilités d’investissements variées. Ce sont les supports choisis qui détermineront si le placement est plus ou moins risqué suivant la conjoncture.
6. On peut déshériter ses proches avec l’assurance vie : A nuancer
Il est possible de transmettre un capital au bénéficiaire de son choix, quel que soit son lien de parenté, avec une fiscalité allégée. Mais attention,cette liberté ne vous autorise pas à déshériter vos proches. L’assurance vie permet d’optimiser la transmission de son patrimoine,en respectant les règles du droit des successions. Le Code civil prévoit que les conjoints et les enfants et des très proches ont droit à une part de la succession qui leur est garantie. Cette part est appelée «réserve héréditaire». La partie restante, appelée «quotité disponible», peut être transmise sans contrainte aux personnes de votre choix grâce à cet avantage unique que permet l’assurance vie.


