Pourquoi les français sont mal assurés ?

(MoneyGuide.fr) - Voici les principales raisons qui expliquent pourquoi les français sont globalement mal assurés :

L'impact de la fiscalité

La loi de finances n°81-1179 du 31 décembre 1981 qui a doublé les droits de succession a eu un impact considérable en matière d’assurance du patrimoine. Elle a immédiatement entraîné la résiliation de la majorité des contrats tous risques en valeur agréée couvrant le patrimoine meuble, les objets d’art et les objets précieux.

L’élévation des droits de mutation aux niveaux que l’on connaît encore aujourd’hui a ainsi fait que les Français ont sous-estimé considérablement et donc sciemment sous-garanti leur patrimoine familial et même parfois délocalisé leurs assurances.

S’agissant de l’immobilier, et notamment de l’immobilier de jouissance, c’est-à-dire en grande majorité des résidences secondaires, il est de fait que les assurés ont une propension forte à réduire très sensiblement la valeur d’indemnisation pour la rapprocher de la valeur de référence fiscale1. Or les deux montants n’ont souvent que peu de rapport entre eux. En effet, dans un cas il s’agit de la somme nécessaire à la «remise en l’état», à la reconstruction, alors que fiscalement c’est la notion de valeur vénale qui s’impose. Il n’y a donc pas lieu de prendre des risques d’indemnisation réduite pour un risque fiscal inexistant.

Toutefois, il faut ici rassurer les propriétaires d’appartements qui statistiquement sont 5 fois moins ravagés par le feu qu’une résidence campagnarde ou en bord de mer ou encore qu’une demeure urbaine.

La psychologie Française

Pourquoi la France patrimoniale est-elle aussi sous-assurée? Principalement pour faire des économies qui s’avèrent le jour du sinistre –vol, incendie ou tempête–, être des économies de «bouts de chandelle»!

Gras Savoye Patrimoine s’est livré il y a quelques semestres à une première étude significative auprès de 100 hauts fonctionnaires occupant des postes importants dans des entreprises publiques ou privées; 72 d’entre eux sont assurés auprès d’une mutuelle bien connue de ce corps socio-culturel pour des primes moyennes de l’ordre de 500 euros et des capitaux moyens de 20 à 30 000 euros en vol et en incendie pour des objets de valeur, de l’argenterie et des bijoux dans un appartement de cinq pièces principales.

Sur un échantillon de 150 résidences secondaires à caractère historique, 98 d’entre elles sont assurées auprès une mutuelle agricole au même titre que les corps de ferme.

Sur un échantillon de 60 appartements du 16e arrondissement à Paris, 48 étaient assurés par une multirisques habitation dont la moyenne de prime était de 600 euros pour des capitaux moyens au titre du contenu mobilier de 45 000 euros dont 30% pour les objets de valeur, ceci avant que soient pratiquées des évaluations du mobilier, des bijoux et des souvenirs de famille, qui laissaient apparaître une moyenne de capitaux à garantir de 180 000 euros pour les seuls meubles d’époque et les objets d’art.

Il en va de même en termes de sous-assurance pour le secteur automobile, la garantie «effets personnels» lors des voyages ou l’assurance «armes de chasse» et autres spécificités pour lesquelles on s’aperçoit que les franchises choisies par les assurés pour minimiser les budgets d’assurance annulent des garanties intéressantes comme le vol d’accessoires dans les voitures ou les bateaux de plaisance, la perte d’une carabine et de sa lunette ou la disparition du bijou du conjoint dans le coffre de la chambre d’hôtel.

Un marché défaillant

Le marché de l’assurance française propose peu de solutions pour assurer des biens de qualité: le contrat standard qui est traditionnellement proposé est une multirisques habitation couvrant un maximum de contenu mobilier de l’ordre de 150 000 à 200 000 euros dont 30% –et au maximum 50% – pour les objets d’art, les objets de valeur et les bijoux. Pour les capitaux supérieurs, on a affaire à un «marché de niche» où seuls 2 ou 3 acteurs sont susceptibles de répondre à la demande, principalement les assureurs anglo-saxons.

 

La distribution d'assurance dommages et responsabilité civile en France